• CineEurope 2015 : les faits marquants

    92% des écrans du continent européen sont désormais passés à la projection d-cinéma (1,5 milliards d'euros ont été investis dans cette transition d'après l'Union internationale des cinémas - UNIC). Autant dire que la première phase du déploiement numérique est achevée sauf dans quelques rares pays en tête desquels figure la Turquie (la fréquentation y est passée de 50 à 61 millions d'entrées entre 2013 et 2014). Les prestataires préparent maintenant la phase de renouvellement des équipements dont le démarrage est attendu d'ici deux à trois ans. La projection laser raflera t'elle alors la mise ? Comme l'explique le premier point de ce compte rendu, les fabricants n'anticipent pas tous l'arrivée du laser de la même manière. Quoi qu'il en soit, les projecteurs Lire la suite
  • Impact de la position et de la forme de l'écran sur la qualité de la projection

    Remplacer une toile d'écran peut être l'occasion d'effectuer d'autres changements : installer un nouveau type de toile (une toile nacrée à la place d'une toile blanc mat par exemple), optimiser la position de l'écran ou encore changer sa forme. Quel peut être l'intérêt de remplacer un écran plat par un écran incurvé, de remonter ou d'abaisser la position de l'écran ou encore de l'incliner légèrement ?Le fabricant d'écrans Harkness a mis au point un logiciel de simulations qui apporte des réponses à ces questions. Nous avons utilisé ce logiciel pour étudier l'impact de différentes configurations d'écran sur la qualité de la projection. Résultats de nos simulations. Lire la suite
  • Faut-il paramétrer tous les formats d'image sur les projecteurs ?

    Le numérique facilite nettement la gestion des formats. Dans la grande majorité des salles, une optique motorisée, qui remplace les objectifs « fixes » du 35 mm, gère automatiquement le passage à l'un ou l'autre des deux formats les plus couramment utilisés : 1.85 et 2.39 cinémascope. L’optique zoome et dé-zoome dans l’image en fonction du format du DCP. Ces opérations sont entièrement automatisées grâce au paramétrage des macros qui assignent à l'objectif un réglage déterminé. Le cas de « Tomorrow Land », un film Disney réalisé par le remarquable Brad Bird, montre pourtant que la gestion des formats n’est pas toujours aussi simple. Le film adopte en effet un format inhabituel : le 2.20. Que signifie ce nouveau format et quelles en sont les implications Lire la suite
  • CinemaCon 2015 : les innovations en matière de projection et de son

    CinemaCon s'est achevé jeudi 23 avril. Même si ce congrès des exploitants américains est considéré à Las Vegas comme une petite manifestation (la palme de la fréquentation reviendrait au congrès du bricolage en janvier avec 50 000 visiteurs), difficile de tout voir et de tout entendre : plus de 70 nationalités étaient représentées parmi les visiteurs et les exposants dont les stands se répartissaient entre deux halls d'exposition et diverses suites (pour les plus fortunés). Ce premier article fait la syntèse des innovations que Manice a pu remarquer, au milieu de la foule, des colonnes doriques et des machines à sous, en matière de son et surtout de projection sur grand écran. Lire la suite
  • CinemaCon (2) : les nouveaux outils numériques pour fidéliser le public

    Le thème de l'International day, la journée inaugurale de CinemaCon, était : mieux connaître ses spectateurs pour leur proposer des offres adaptées à leurs attentes qui les poussent à venir plus souvent au cinéma. Sujet très "fourre tout" à première vue mais les conférenciers de l'International day l'ont abordé sous un angle technique : comment fidéliser le public en exploitant efficacement les informations qu'engrangent les outils numériques des cinémas (caisses informatisées, site internet, Facebook,...) ? Cette journée , animée par des exploitants, des distributeurs et des spécialistes du marketing a montré l'évolution considérable des solutions destinées à fidéliser le public. Peut-on parler de révolution ? Lire la suite
  • CinemaCon (3) : des applications qui donnent au spectateur un accès direct au grand écran

    Bandes-annonces, pubs, films : faut il revoir l'ordonnancement traditionnel de la séance de cinéma ? Comme tous les protocoles établis depuis longtemps, celui là n'est pas facile à bousculer mais les positions sont en train d'évoluer : le fait que les jeunes aillent moins au cinéma (notamment aux USA) est pour un nombre croissant de professionnels - et pas seulement les "révolutionnaires" qui développent les technologies numériques - le signe qu'il est temps de toucher au coeur même de la sortie au cinéma, en mettant les tabous de côté. Comment ? Voici deux applications présentées à CinemaCon qui pourraient commencer à changer l'ordonnancement habituel des séances. Lire la suite
  • Interstellar : trop fort ?

    Les chaînes son de plusieurs salles ont subi des dommages pendant la projection d'Interstellar. Le nombre de cinémas touchés est limité (une quinzaine d’écrans seraient ainsi concernés dans le réseau de TACC qui assure la maintenance d’environ 1 000 salles) mais suffisant pour que le phénomène ait retenu l'attention. Manice a interrogé des spécialistes du son et des intégrateurs pour comprendre ce qui s'est produit. En quoi le mixage son d'Interstellar est-il particulier ? Christopher Nolan, le réalisateur, a voulu que certains passages du film soient mixés "fort" et que les dialogues soient maintenus à un niveau relativement bas pendant ces séquences pour donner encore plus d'emphase aux sons d'ambiance et aux effets. Sans être exceptionnel, ce choix n'est pas habituel Lire la suite
  • 1 CineEurope 2015 : les faits marquants
  • 2 Impact de la position et de la forme de l'écran sur la qualité de la projection
  • 3 Faut-il paramétrer tous les formats d'image sur les projecteurs ?
  • 4 CinemaCon 2015 : les innovations en matière de projection et de son
  • 5 CinemaCon (2) : les nouveaux outils numériques pour fidéliser le public
  • 6 CinemaCon (3) : des applications qui donnent au spectateur un accès direct au grand écran
  • 7 Interstellar : trop fort ?

Un article de Variety révèle un étonnant aspect technique de la sortie du très attendu « Transformers : dark of the moon. » A un moment critique pour le cinéma en relief (les chiffres enregistrés par les écrans 3 D sont en baisse aux USA), le réalisateur Michael Bay prend une initiative visant à corriger un défaut trop souvent constaté lors des séances en trois dimensions : le manque de lumière sur l'écran. Pour cela, le metteur en scène et son équipe ont étalonné un DCPspécial dont la luminosité a été entièrement corrigée pour la diffusion en relief.

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Les salles équipées en relief vont-elles gagner en
luminosité grâce à des copies spéciales ?

Afin de mieux comprendre la démarche de l'équipe de Transformers, il faut rappeler que les techniques 3D diminuent drastiquement la luminance des images à la projection. Les lunettes et, dans le cas de certaines solutions 3D, les filtres placés à l'intérieur du projecteur ou devant l'objectif, absorbent entre 75 et 90 % de la lumière émise par la lampe. Cette perte peut être partiellement compensée par l'utilisation d'un xénon très puissant, d'un projecteur très lumineux ou par l'utilisation simultanée de deux projecteurs numériques (à l'instar de la solution IMAX ). Mais inversement, ce manque de lumière peut être aggravé par les pratiques des exploitants, comme le rappelle Variety : par souci d'économies, certains cinémas brident la puissance des lampes ou changent les xénons usés à la dernière limite. Les conséquences sont évidentes : des séances en relief encore plus sombres.

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Xénon trop usé = luminosité détériorée

Sans résoudre tous les problèmes, l'initiative de Michael Bay semble apporter une solution simple et efficace. Habituellement, les DCP 3D sont étalonnés pour être diffusés à un niveau de luminance de 3.5 ft/l (environ 13 candelas). Pour « Transformers », la copie numérique spéciale a été étalonnée pour être projetée à 6.0 ft/l (23 candelas). Le réalisateur estime que c'est la meilleure solution technique pour garantir une qualité optimale au spectateur : « nous avons créé une version spéciale avec une netteté, un contraste et des couleurs améliorés. » (...) « Avec une image plus lumineuse, le cerveau travaille différemment pour un résultat plus frappant et plus excitant. »

Longtemps sceptique à l'égard du cinéma en relief, Michael Bay est-il en train de montrer la voie pour la 3D ? Son initiative n'est pas exempte de critiques : Variety précise que seules les salles équipées avec le procédé Real D bénéficieront du DCP spécial pour Transformers (environ 2000 écrans aux USA). Les autres systèmes 3 D (Dolby, Xpand...) recevront une copie numérique standard étalonnée à 3.5 ft/l... D''un cinéma à l'autre, les spectateurs risquent donc de ne pas voir exactement le même film. Or, l'un des atouts majeurs du cinéma numérique est précisément de pouvoir garantir une qualité de projection constante et toujours conforme à la vision du cinéaste. Ici, le public ne saura pas s'il voit la version « optimisée » ou « normale ».

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En "RealD 3D and IMAX 3 D" : et les autres systèmes 3D ?...

A l'évidence, la décision de Michael Bay et du studio Paramount vise à garantir une expérience relief de qualité. Toutefois, n'y a-t-il pas un risque d'exploitation à double vitesse qui verrait des salles bénéficier de copies optimisées et d'autres de copies 3D « standards » ? Cette initiative est-elle vouée à rester un cas isolé où va-t-elle inspirer d'autres réalisateurs ? Dans tous les cas, hors festival ou présentation IMAX, c'est la première fois que des DCP d'un même film proposent des étalonnages radicalement différents au niveau de la luminosité. Preuve que le cinéma 3 D en est encore a ses débuts et qu'il n'a pas fini de faire bouger les frontières de l'exploitation numérique.  

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