Point de vue
La projection en 3D : quel potentiel ?

Les exploitants doivent-ils miser sur la projection numérique en relief ? Variety répond oui tout en émettant quelques réserves

La 3D, un moyen pour la salle de faire la différence

Pour Variety, le relief va avantager les salles dans leur compétition avec les autres médias numériques : si les technologies de projection 3D conçues pour les cinémas sont performantes, il faudra du temps avant que celles qui sont en cours de développement pour les particuliers - le home cinema 3D - le soient aussi.

Un marché qui risque de se développer lentement

La projection des films dans les foyers étant la première source de recettes des longs-métrages, le lent développement des technologies de projection 3D destinées aux particuliers freine la production de films spécifiquement conçus pour la projection en relief.

Les producteurs s’engagent d’autant moins sur ce créneau que les débouchés de la 3D restent limités dans les salles : Variety estime que 250 écrans sont équipés en projection 3D dans le monde, sur les quelque 3 000 écrans numériques recensés par Screen digest fin 2006.

Si le parc de salles numériques est encore restreint, celui des écrans 3D est donc embryonnaire, une situation qui s’explique notamment par le surcoût élevé que les exploitants de salles numériques doivent acquitter pour bénéficier de l’option 3D : 20 à 30 000 $ selon Variety.

Qui dit peu de films 3D dit peu de salles 3D, et inversement. Mais la situation n’est pas figée : le premier film conçu exclusivement pour la projection en relief, Avatar de James Cameron (sa première fiction depuis Titanic), doit sortir en 2009. A cet horizon, le distributeur Fox table sur un parc de salles de 2 000 écrans numériques 3D.

New line, qui devait distribuer « Voyage au centre de la terre 3D » (fiction classée dans la catégorie « live action ») en 2006, a repoussé la sortie à fin 2007, dans l’espoir de disposer alors d’un parc d’un millier d’écrans pour la sortie.

Un bon potentiel pour les films « redimensionnalisés »

Si la production de films « purement 3D » risque de se développer lentement, les exploitants peuvent compter à court terme sur longs-métrages « redimensionnalisés » en 3D, comme Chicken Little en 2005 et Monster house en 2006.

Les coûts de la redimensionnalisation ont sensiblement diminué ces dernières années : Variety estime que cette baisse a atteint 40% entre Polar express 3D en 2004 et Monster house 3D en 2006. Le fait que les films d’animation sont aujourd’hui systématiquement produits en trois dimensions - ce qui siginfie, en production, que chaque élément de l’image est conçu de manière indépendante - facilite grandement le passage au relief.

Ce sont ces films « redimensionnalisés » qui incitent les exploitants à s’équiper aujourd’hui. Si les résultats en salles de « Chicken little 3D » ou de « L’étrange noël de monsieur Jack 3D » ont été très bons, Variety fait remarquer que le prix du billet pratiqué pour ces films n’a pas été aussi élevé qu’on a pu le croire : il a certes été très supérieur au prix moyen pratiqué aux USA mais l’écart avec le prix moyen pratiqué dans les grandes villes américaines, où sont implantés tous les écrans numériques en relief, est moins spectaculaire.

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