| Système Imax3D |
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| Jeudi, 20 Mai 2010 15:13 | |||
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Principe de fonctionnement Jusque là spécialisée dans la captation et la projection de contenus 70 MM sur écrans géants, la firme IMAX (pour "Image Maximum") a mis au point un système de projection numérique. Contrairement au format IMAX 70 MM (réservé à un parc de salles spécialement construites pour la projection de ce support), l’IMAX numérique est conçu pour s’intégrer aussi dans les cinémas traditionnels. Par exemple, c’est le cas ici à l’Odeon de Southampton (merci à Jim Slater et à Cinema Technology Magazine pour cette photo :
Cabine IMAX numérique
Cette conversion IMAX consiste principalement à optimiser le champ de vision des spectateurs tout en améliorant la qualité d’image et du son.
Rack son IMAX et Screen Management System
Cela implique des travaux relativement importants (changement de l’écran, suppression des premières rangées, déplacement des portes de sortie...). A cause de certaines caractéristiques architecturales (notamment la hauteur sous plafond), toutes les salles ne sont pas adaptées à la conversion IMAX.
Une salle convertie en IMAX numérique : l’écran cinémascope a été remplacé par un écran 1.85. Il a été avancé vers les spectateurs. En outre, la chaîne sonore a été entièrement revue
Comme pour la technologie sur pellicule 70 MM IMAX 3 D (décrite dans l’article "projection en relief : comment ça marche ?"), le système IMAX numérique projette deux images totalement séparées pour reproduire le point de vue de l’oeil gauche et de l’oeil droit. IMAX utilise donc deux projecteurs avec tous les bénéfices que cela apporte pour la diffusion de contenus en relief (gain de lumière, moins d’images fantômes...).
Double projecteur avec polarisation linéaire sur le
système Digital IMAX
Pour optimiser l’efficacité de son système de projection numérique en relief, l’IMAX numérique a recours à des procédés dont la marque est à la fois le propriétaire et l’utilisateur exclusifs : - Des DCP spécialement élaborés pour la projection numérique IMAX : les copies envoyées aux salles IMAX numériques ne sont pas les mêmes que celles des salles traditionnelles. En effet, pour améliorer la qualité d’image, la firme a mis au point au début des années 2000 le système DMR pour "Digitally Re-Mastered". Cette technologie permet à IMAX d’exploiter des films tournés en 35 MM, en numérique ou conçus en images de synthèse dans son parc de salles. Les longs métrages projetés en IMAX bénéficient donc d’une post production spécifique où chaque image est retravaillée par une équipe d’ingénieurs. Elle a pour objectif d’augmenter la définition native, d’approfondir le contraste, d’optimiser la colorimétrie et de supprimer le grain pellicule excessif sur chaque plan. De plus, en 2 D comme en 3 D, IMAX entrelace les deux images 2 K (2048 par 1080 pixels) de ces projecteurs pour augmenter la définition. Du coup, les DCP IMAX sont plus lourds et requièrent un serveur modifié par les soins de la firme. Contacté fin juillet 2010 afin de savoir si la firme souhaite upgrader ses projecteurs grâce aux nouvelles puces DLP 4 K, les responsables techniques d’IMAX répondent ceci : "IMAX a l’intention d’utiliser des engines 4 K sur ses plus grands écrans lorsque nous pensons que cela améliorera l’expérience pour le spectateur."
Le procédé DMR : à gauche, l’image non retravaillée. A droite, l’image améliorée par IMAX
Pour la projection en relief, ce traitement spécial va plus loin. Conscients des spécificités des salles IMAX, des réalisateurs comme Robert Zemeckis ou James Cameron travaillent directement avec les équipes de IMAX pour optimiser la 3 D sur ce format. Par rapport aux copies classiques, certains effets stéréoscopiques sont accentués pour rendre l’expérience plus immersive. Ainsi, 52 plans de "La légende de Beowulf" ont été entièrement modifiés pour la sortie en IMAX 3 D.
Le relief de "La légende de Beowulf" était plus accentué en IMAX que dans les salles numériques classiques
(crédits photographiques : Warner)
Le décalage des images de l’oeil gauche et de l’oeil droit a notamment été corrigé pour augmenter la profondeur de champ et accentuer les effets dits "de jaillissements" de l’écran. Le dernier film de James Cameron, Avatar, bénéficie de cette post production spéciale. - Une géométrie de la salle de cinéma adaptée à la projection en relief. C’est un fait qui est trop souvent ignoré : la perception d’une image stéréoscopique dépend beaucoup du placement des spectateurs par rapport à l’écran. Les salles IMAX (70 MM et numériques) utilisent des écrans au format 1.44 ou 1.85. Ces derniers présentent la particularité de remplir complètement le champ de vision des spectateurs. Sur des sorties récentes comme "Titanic 3 D", IMAX a proposé des versions en 1.85 quand les DCP pour les salles "classiques" étaient en 2.39 et ce pour un rendu plus immersif.
La géométrie de l’écran IMAX optimise les effets stéréoscopiques
De plus, comme la définition d’image est plus élevée qu’en 2 K ou en 35 MM, il est possible de placer l’auditoire à une distance très faible de l’écran sans que la projection paraisse floue (on ne voit pas les pixels ou le grain pellicule). Du coup, l’expérience est plus immersive et les effets 3 D plus impressionnants. Comme les écrans IMAX sont beaucoup hauts que les toiles traditionnelles, les lunettes adoptent une forme particulière avec un champ de vision très large pour le spectateur.
Lunettes IMAX 3 D
- Un serveur modifié. L’IMAX numérique utilise un serveur Doremi dont la principale caractéristique est d’avoir une bande passante largement optimisée pour la double projection. Là où la norme DCI recommande une bande passante de 250 MB/S (Méga Bits par seconde), le serveur Doremi revu IMAX peut délivrer 1 GB/S (Giga Bits par seconde) soit quatre fois plus. Ce débit élevé permet de véhiculer plus d’informations jusqu’aux projecteurs et donc d’avoir une qualité d’image supérieure par rapport à une présentation 2 K standard. - Des projecteurs améliorés. L’IMAX numérique est un système ouvert à toutes les marques de projecteurs répondant aux spécifications DCI. Il est donc possible d’utiliser les projecteurs 2 K (Barco, Christie, NEC) ou 4 K (SONY) disponibles sur le marché. Toutefois, les salles IMAX numériques sont principalement équipées de Christie CP 2000 modifiés par les soins de la firme. Depuis 2013, IMAX s'équipe désormais avec des projecteurs Barco 4 K. Les principaux changements concernent le chemin de lumière qui est optimisé pour diminuer les pertes au niveau des filtres catathermiques et du miroir. Grâce à des redresseurs de haute qualité, le système maintient un niveau de luminosité quasi constant au fil des séances. Cela est aussi rendu possible par l'utilisation de lanterne motorisée qui adaptent la luminance en temps réel (y compris sur les nouveaux projecteurs Barco validés par IMAX). De plus, les optiques propriétaires ont été élaborées pour éviter au maximum les distorsions géométriques.
Objectif spécialement mis au point par IMAX pour son système numérique
En outre, ils laissent passer plus de lumière que les objectifs classiques. - Un contrôle permanent du réglage des projecteurs. Le point critique du système double projecteur réside dans l’alignement des deux machines. A l’installation, les images doivent être le mieux réglées possible non seulement d’un point de vue géométrique (l’alignement de la grille de pixels) mais également en terme de luminosité, de contraste et de colorimétrie. Pour garantir la stabilité de la qualité d’image, IMAX a placé un capteur optique qui mesure en temps réel l’ensemble de ces points.
Entre les deux projecteurs, le capteur optique ne mesure pas l’image qui sort des machines mais l’image réfléchie par l’écran et donc celle qui est vue par les spectateurs
Le capteur optique est relié à un ordinateur dont le logiciel "Image Enchancer" modifie instantanément les réglages des projecteurs afin de maintenir une qualité constante. Toutes ces modifications permettent à l’IMAX numérique d’afficher une luminosité accrue (22 foot lamberts pendant toute la durée de vie des lampes) et un contraste supérieur de 30 % par rapport aux projections DLPclassiques (données du constructeur). En contrepartie, ce système est bien plus onéreux qu’une salle double projecteur standard. De plus, la conversion d’une salle en IMAX implique des travaux assez lourds.
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| Mise à jour le Dimanche, 28 Avril 2013 22:41 |