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Impact du d-cinema sur la gestion et les coûts de la distribution PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 13 Avril 2011 08:11

Par rapport à la diffusion 35mm, la distribution numérique des films change considérablement :


 Un contrôle plus étroit des opérations de diffusion par le distributeur

S’il envoie ses fichiers de films aux salles sur des disques durs, le distributeur va continuer à gérer ses opérations de distribution en faisant appel à plusieurs intermédiaires (éditeur de copies, transporteur, éventuellement stocks). En revanche, la diffusion dématérialisée peut se faire quasiment sans intermédiaire.

Grâce à une connexion internet et à un logiciel fourni par l’opérateur de la plateforme ou par une société spécialisée (type Cinego), le distributeur peut gérer directement ses films sur la plateforme : de son bureau, il peut déclencher lui-même l’envoi d’un DCP du laboratoire qui a post-produit son film jusqu’à la plateforme de diffusion pourvu que les deux sites soient connectés par réseau haut débit (si ce n’est pas le cas, le distributeur doit demander au laboratoire d’envoyer le DCP à la plateforme sur un disque dur). Inversement, le logiciel (baptisé web service en anglais) permet au distributeur de supprimer lui-même, à distance, le fichier d’un de ses films sur la plateforme si celui-ci est en fin d’exploitation.

Le distributeur peut aussi contrôler directement l’envoi de ses fichiers de films dématérialisés vers les salles : son web service lui donne la possibilité de définir, depuis son bureau, la liste des cinémas auxquels il veut envoyer un long-métrage et même de déclencher l’envoi des DCP vers chaque salle. Des services web comme ceux de Smartjog, GlobeCast et Cinego offrent cette possibilité.

La durée des opérations de diffusion

La distribution numérique permet de gagner du temps en amont : dans le cas d’un envoi dématérialisé, il n’est plus nécessaire d’éditer des copies ; et dans le cas des disques durs, le processus d’édition des supports physiques est beaucoup moins complexe et donc plus court que celui des copies 35mm. La diffusion des disques durs vers les salles peut aussi prendre moins de temps que la transmission des copies 35mm si les copies sont envoyées directement aux cinémas sans transiter par des stocks.

Concernant le transport dématérialisé, les temps de diffusion varient non seulement en fonction du mode de transport choisi mais aussi, dans le cas d’une transmission par réseaux terrestres, selon le type de connexion au réseau disponible dans chaque cinéma : une ligne ADSL à haut débit de 12 à 18 mégabits par seconde, soit le débit standard disponible aujourd’hui dans les zones urbaines, permet de transmettre un fichier de film à un cinéma en 24 à 48 heures. Un envoi par fibre optique (60 mégabits par seconde) dure environ 6 heures mais très peu de salles disposent pour l’instant de ce type de connexion. Une transmission par satellite prend environ 12 heures (cas d’un débit de diffusion des données de 30 mégabits par seconde).

Ces durées de transport sont loin d’être figées : les opérateurs de télécommunications impliqués dans le d-cinema réduisent peu à peu les temps de diffusion des DCP grâce à diverses innovations : ils proposent par exemple des systèmes consistant à agréger plusieurs lignes ADSL qui permettent de diviser au moins par 2 les temps de transport réseau.

Les coûts de distribution

Comme les durées de diffusion, ils sont encore loin d’être définitifs. Ces coûts dépendent en outre du nombre de copies transportées comme dans la distribution 35mm. Les prix indiqués ci-dessous sont donc purement indicatifs.

La diffusion d’un film sur disque dur, incluant l’édition et le transport de la copie, est actuellement facturée aux distributeurs entre 100 et 200 € par salle selon les prestataires. L’envoi d’un fichier de film par réseau terrestre est facturé environ 100 € aujourd’hui. Smartjog, qui diffuse les DCP par satellite et par réseau terrestre, propose les mêmes tarifs pour les deux modes de diffusion.

Le coût réel d’une transmission par satellite étant indépendant du nombre de salles, l’ambition des studios hollywoodiens est clairement d’envoyer leurs films dans toute l’Europe en utilisant ce mode de diffusion pour réduire au maximum les coûts de distribution par salle. Pour la plupart des distributeurs et des producteurs européens, ces économies d’échelle sont beaucoup moins évidentes à réaliser étant donné que leur films sont souvent diffusés sur un nombre limité de territoires et de copies.

Mise à jour le Mercredi, 15 Juin 2011 10:16
 

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