Faire durer une lampe : autres conseils sur l’installation et l’usage des équipements numériques PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 30 Octobre 2011 09:22

La nécessité d’une bonne extraction

Lorsque le xénon est allumé, la température au niveau du bulbe de quartz varie entre 600 et 900 degrés. Afin d’éviter une surchauffe (qui risque d’entrainer un arrêt automatique de la lampe), il faut impérativement évacuer cette chaleur.

Selon les modèles de projecteur d-cinema, les constructeurs fournissent le niveau d’extraction nécessaire. Pour les modèles les plus puissants, il faut évacuer entre 15 et 20 mètres cube d’air par minute pour un fonctionnement optimal.

De plus, la circulation d’air autour de xénon doit être laminaire afin d’obtenir un refroidissement uniforme de la lampe. Si ces conditions ne sont pas réunies, la durée de vie des xénons installés risque de diminuer fortement. En effet, la surchauffe prolongée de la lampe va entrainer un noircissement accéléré du bulbe de quartz. L’opérateur devra alors changer la lampe plus souvent avec des conséquences économiques importantes sur le long terme.

 

 

lampe_noire 

Avec un tel noircissement, l’efficacité lumineuse
est gravement diminuée à l’écran

 

Eteindre ou pas les xénons entre les séances ?

 Afin de réaliser des économies de lampe et d’électricité, il paraitrait logique d’éteindre systématiquement les lampes entre les séances. Pourtant, ce n’est forcément pas la meilleure solution technique ni financière.

En effet, pour allumer un xénon, une tension d’amorçage est nécessaire. Celle-ci est très élevée (entre 10 000 et 20 000 volts selon le modèle de lampe) et très courte (moins de 1 milli-seconde). Cette décharge électrique accélère l’usure de l’anode. Des allumages fréquents risquent de creuser le tungstène. A terme, cela peut former un petit cratère dans lequel l’arc électrique vient se nicher. Dans tous les cas, cela « fatigue » la lampe.

 

anode_use

Usure très visible de l’anode

Selon les sources (fabricants de lampes, fabricants de projecteurs, installateurs, exploitants), on peut considérer qu’un amorçage « vieillit » la lampe d’une durée comprise entre  1 et 5 heures (de fonctionnement). Cette grande variabilité dans les estimations s’explique notamment par la différence de  qualité des matériaux utilisés dans les différentes lampes, par la diversité des systèmes d’amorçage utilisés et par les conditions d’amorçage. Dans tous les cas, eu égard au prix du kilowatt-heure, il est plus économique de laisser la lampe allumée durant les inter-séances courtes que de couper puis rallumer la lampeet il est recommandé de n’éteindre le xénon  que lorsque l’interruption entre deux séances est plus longue que la durée de la séance.

 

 anode_creuse

Anode détériorée et creusée

 

Bon usage du matériel par les opérateurs

Certains modèles de projecteurs d-cinema intègrent des outils d’auto-alignement des lampes. Pour cela, la lanterne est motorisée et le xénon se place automatiquement à un point de référence où la luminosité est optimisée. Toutefois, l’opérateur peut affiner ces réglages grâce à son œil exercé ou, mieux encore, grâce à un luxmètre qui mesure le niveau de luminance à l’écran.

Un mauvais réglage du xénon peut avoir des conséquences graves sur son fonctionnement. La focalisation (la position de la lampe par rapport au miroir) joue un rôle clé. En défocalisant, l’opérateur diminue la puissance lumineuse envoyée vers la tête DLP. Dans cette configuration, la lampe n’est plus physiquement placée dans son axe de référence.

lampe_mal_place

 

Si le xénon est défocalisé, il est trop avancé ou trop reculé par rapport au point de référence de la lanterne. La lumière réfléchie (représentée par les traits rouges sur la photo ci dessus) risque de créer un point chaud au niveau du culot avant :

 

culot_brule

Culot brûlé

La vérification du bon réglage de la lampe par les opérateurs constitue donc un point très important. De plus, ces derniers jouent un rôle déterminant car ce sont eux qui vont repérer les premiers signes de fatigue d’une lampe : flicker, difficultés d’amorçage, forte baisse de la luminance. Avant de changer le xénon, le projectionniste peut éventuellement le démonter. Ainsi, il peut voir s’il y a des phénomènes inquiétants comme des fissurations dans le bulbe de quartz ou une usure excessive de l’anode.

bulbe_fragilis

Les traces blanches montrent que le bulbe est fragilisé.
Cette lampe risque d’exploser

 

S’il n’y a pas de signes inquiétants, un nouveau réglage complet permet souvent d’optimiser la luminosité à l’écran avec un gain de puissance et d’uniformité. Ainsi, l’opérateur veille à fournir une expérience visuelle de qualité tout en prolongeant l’espérance de vie de certaines lampes.

Pour ménager les xénons, les projectionnistes doivent également veiller à respecter les délais de refroidissement du matériel. Avec une température qui peut monter à 900 degrés au niveau du bulbe, les projecteurs d-cinema ne doivent pas être mis hors tension dès la fin de la séance. En effet, dans les minutes qui suivent son arrêt, le xénon dégage encore de la chaleur : l’anode et la cathode restent rouge vif ! Ainsi, il faut au moins 10 minutes pour que l’extraction évacue l’air chaud. Certains fabricants de projecteurs imposent d’ailleurs une période de refroidissement de 10 minutes avant la mise hors tension du matériel.

En respectant les recommandations des constructeurs et en surveillant fréquemment le niveau d’usure des lampes, les opérateurs peuvent gérer au mieux la fréquence de changement des xénons et contribuer ainsi à réaliser des économies non négligeables.

 

Mise à jour le Jeudi, 05 Decembre 2013 19:12
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Rechercher

Nos sponsors

 
nossponsors4oct14