| Projection 2 D sur écran metallisé : le coup de gueule d'un directeur de la photographie |
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| Lundi, 21 Novembre 2011 00:00 | |||
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De longues semaines d’investissement et de préparation ainsi qu’une collaboration non négligeable sur un premier film n’ont pas eu raison de la logique de l’exploitation !!! Sur le dernier film dont j’ai assuré la photographie, où j’ai comme jusqu’à maintenant beaucoup investi au-delà de mon travail en accompagnant les metteurs en scène vers l’acte de filmage, l’acte de cinématographier, j’ai pu mesurer l’impact du dernier maillon avant la révélation au public (cette fameuse et incroyable " expérience de la salle ", expérience de cinéma, unique et forte), eh oui ! cette fameuse projection qui prend en compte la qualité de la salle, des fauteuils, des produits parallèles vendus, du confort d’accueil, j’en passe et des meilleures, mais aussi et avant tout la qualité de la projection et de son contenu (a priori parfois un contenu vide de sens et de réflexion peut continuer de faire affluer les spectateurs dans les salles...). Bref, j’ai donc vécu cette incroyable expérience, qui m’a fortement mécontenté, de la projection d’avant-première dans une des grandes salles d’un complexe parisien. Et tout à coup, ce rêve devenu réalité, qui prend forme après tant de semaines d’attente et de travail, qui déclenche cette incroyable étincelle dans l’œil du metteur en scène et qui déclenchera celle du public, s’écroule. Eh bien ! cela s’est passé dans une salle d’un grand complexe parisien, sur un ECRAN METALLISÉ, écran uniquement conçu pour la 3D alors que le film est en 2D classique, écran sur lequel peu des artisans du film ont reconnu le travail qui avait été fait et je peux le dire sans honte aucune, j’en ai pleuré à chaudes larmes, et avant tout pour le film, par pour moi, non pas pour moi. Nous nous targuons de posséder des outils de plus en plus performants, de plus en plus précis : A QUOI BON SI C’EST POUR DÉTRUIRE L’ŒUVRE EN FIN DE CHAÎNE ? Le progrès technique ne peut être un argument pour tuer "l'oeuvre" et la formater à l'image de l'esthétique dominante, insidieuse, qui s'installe via des médias et des hommes sans éthique. Ne transformons pas ce bel objet qu'est le cinéma en un supermarché où tous les produits sont fabriqués de la même manière. Rémy Chevrin, Vice-Président de l'AFC, Association Française des directeurs de la photographie Cinématographique Rappelons que l'installation d'écrans metallisés n'est pas forcément obligatoire pour le relief. Les systèmes Volfoni, Xpand, Dolby et Panavision fonctionnent sur des écrans blancs qui ne dégradent pas la qualité des projections 2 D.
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| Mise à jour le Samedi, 10 Mars 2012 14:03 |
Commentaires
5 ans c'est long mais le CNC se voit sûrement mal imposer un changement d'écran immédiat aux exploitants qui viennent d'installer leur silver screen. Ca va surtout dissuader d'autres salles de suivre cette voie.
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