10 ans après le début de son déploiement dans les salles, quel est l'avenir du cinéma numérique ? Après avoir donné le point de vue de Barco, Manice publie celui de Ciné Digital Service, le leader de l'intégration numérique sur le marché français. CDS anticipe la prochaine phase de renouvellement des équipements d-cinéma : à quel rythme va se dérouler ce redéploiement ? Avec quels types d'équipements et quels financements ? Quelles innovations technologiques devraient marquer les 10 prochaines années du cinéma numérique ?

Le passage au numérique s'est fait en quelques années (entre 2008 et 2012 pour la plupart des salles). La phase de rééquipement va t'elle selon vous se dérouler dans un laps de temps aussi court ?

D'une certaine manière, on peut considérer que le renouvellement a déjà débuté. Dans les premiers cinémas qui ont été convertis au numérique, on commence à remplacer les projecteurs des salles qui ont les plus grands écrans. Avec le temps, ils ont perdu une partie de leur efficacité lumineuse alors que les grandes apllicdstoiles exigent qu'ils fonctionnent à pleine puissance, notamment lorsqu'il s'agit de projeter des films en 3D. Ces projecteurs ne sont donc plus adaptés, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont hors service : la plupart du temps, ils sont déplacés vers des écrans de taille inférieure.

Les projecteurs d-cinéma se révèlent finalement très robustes, y compris ceux de la première génération (les "série 1"), même s'il y a bien sûr des exceptions. Sur les 3 200 salles que le groupe CDS gère en France, le taux de panne progresse logiquement du fait du vieillissement progressif des équipements mais l'augmentation n'a rien d'alarmant, même dans les cinémas qui ont été parmi les premiers à passer au numérique.  

Au vu de ces constats, il ne serait pas étonnant qu'une bonne part des projecteurs restent en service 12 à 15 ans, notamment dans les salles qui ne fonctionnent pas 7 jours sur 7. La durée de fonctionnement n'est toutefois pas le seul paramètre à prendre en compte : la longévité des projecteurs repose aussi en grande partie sur le respect des consignes d'utilisation et sur la qualité de la maintenance.

En conclusion, on peut s'attendre à ce que la phase de rééquipement des salles soit beaucoup plus étalée dans le temps que la phase initiale, ce qui est une très bonne chose pour les exploitants et les intégrateurs car nous pourrons planifier plus sereinement les installations.

 

Les serveurs ont une durée de vie inférieure à celle des projecteurs. Comment est géré leur remplacement ?

Il y a une différence fondamentale entre un projecteur et un serveur : la tête numérique, qui est la pièce la plus chère du projecteur, coûte au moins 5 fois le prix du composant le plus onéreux à l'intérieur d'un serveur. S'il est légitime de se demander s'il faut remplacer un projecteur quand sa tête DLP ne fonctionne plus, CDS s'efforce de gérer systématiquement les pannes de serveur en remplaçant la ou les pièces défaillantes.

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Dans la quasi-totalité des salles que nous gérons, les serveurs que nous avons installés au moment du passage au numérique ne seront donc véritablement remplacés que lorsque le projecteur sera renouvelé. Ce ne sera peut-être même pas nécessaire dans les salles que nous avons équipées d'un serveur intégré au projecteur (IMB ou IMS) : si ce dernier est suffisamment récent, il faudra s'interroger sur l'opportunité de le transférer dans le nouveau projecteur.


Pensez-vous que la projection laser va s'imposer lors du prochain renouvellement ?

Il faut être prudent car le modèle économique du laser n'est pas encore totalement établi. Mais le laser apparaît comme une vraie nécessité pour les projections 3D sur les plus grands écrans. Il faut quand même noter qu'il existe une autre solution, moins coûteuse pour l'instant, pour obtenir une puissance lumineuse satisfaisante sur les grandes toiles : le système de la double projection. CDS l'a installé dans plusieurs cinémas avec de très bons résultats.


De nouveaux formats d'image (HDR, HFR) et de son sont apparus ces dernières années. Lesquels vous semblent les plus prometteurs pour l'avenir ?

Il n'est pas évident de faire des pronostics sur les nouveaux formats d'image. Pour donner un exemple, le High frame rate améliore sensiblement la qualité des images - c'est en tous cas notre avis chez CDS - mais il faut bien constater qu'en dehors de "The Hobbit", aucun film n'est sorti jusqu'ici dans ce format.

En matière de son, les prévisions sont moins risquées : le son immersif apparaît clairement comme une solution d'avenir. CDS a déjà réalisé une vingtaine d'installations dans des salles de circuits mais aussi pour des exploitants indépendants qui sont de plus en plus nombreux à s'intéresser de près à cette technologie.

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Il n'y aura sûrement pas de VPF pour financer l'acquisition des équipements la prochaine fois. Est-ce inquiétant ?

Ca va clairement compliquer le financement des équipements, d'autant que les aides de l'Etat (cf. le plan CineNum mis en place en 2010) risquent elles aussi de diminuer.

Une solution est envisageable : elle consiste à affecter d'office une part du fonds de soutien dont bénéficient les salles aux investissements en projection. Prendre une telle mesure semble logique : investir dans des équipements de projection numérique est une dépense lourde qu'il faut renouveler plus fréquemment qu'à l'époque du 35mm. Un tel mécanisme permettrait d'éviter qu'un cinéma ferme parce qu'il n'aurait pas les moyens de renouveler son matériel de projection.

Mais au delà des incertitudes qui pèsent sur les sources de financement, il faut voir les aspects positifs :  le prix des équipements de projection a baissé sensiblement ces dernières années, baisse qui s'explique notamment par le fait que les fabricants de projecteurs ont maintenant amorti les investissements qu'ils ont du réaliser au début du numérique pour monter leurs lignes de production.

Autre élément positif, les exploitants vont bénéficier de solutions de financement plus adaptées à leurs besoins : dans la perspective du renouvellement des équipements, CDS a mis au point une offre de financement à la carte.  En contrepartie d'un loyer mensuel, les exploitants pourront accéder aux équipements et aux services de leur choix dans la gamme des prestations offertes par Ciné Digital Service.

Merci à Jean Noël Fagot et Etienne Roux

Commentaires (2)

  1. Melvinchunter

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