• Interstellar : trop fort ?

    Les chaînes son de plusieurs salles ont subi des dommages pendant la projection d'Interstellar. Le nombre de cinémas touchés est limité (une quinzaine d’écrans seraient ainsi concernés dans le réseau de TACC qui assure la maintenance d’environ 1 000 salles) mais suffisant pour que le phénomène ait retenu l'attention. Manice a interrogé des spécialistes du son et des intégrateurs pour comprendre ce qui s'est produit. En quoi le mixage son d'Interstellar est-il particulier ? Christopher Nolan, le réalisateur, a voulu que certains passages du film soient mixés "fort" et que les dialogues soient maintenus à un niveau relativement bas pendant ces séquences pour donner encore plus d'emphase aux sons d'ambiance et aux effets. Sans être exceptionnel, ce choix n'est pas habituel Lire la suite
  • Handicap sensoriel : les solutions d'accessibilité aux salles basées sur le wifi

    Rendre les salles de cinéma accessibles aux handicapés sensoriels sans avoir à leur distribuer de matériel à l'entrée est désormais possible. Deux solutions sont commercialisées en France :Twavox depuis l'automne 2014 et CinemaConnect de Sennheiser qui vient d'être lancée. Basées sur la transmission des données par wifi, ces solutions permettent aux malvoyants et aux malentendants de capter des sons ou des sous-titres émis depuis la cabine de projection sur leur smartphone, leur tablette ou même sur un simple balladeur de type Ipod (qui capte seulement le signal wifi - pas la téléphonie mobile). Les spectateurs peuvent ainsi lire des sous-titres sur leur écran ou écouter une bande son spécifique en branchant un casque audio sur leur récepteur. Avant de décrire les Lire la suite
  • Principes de base de la projection laser

    Les articles qui suivent essaient de répondre à trois questions : comment est fabriquée la lumière d' projecteur laser ? Comment diffuser la lumière du laser de la source jusqu'à la tête du projecteur ? Quels sont les principes de projection laser existants pour le cinéma ( projection 3P, 6P et projection basée sur le "laser hybride") ? Quand on veut expliquer les principes d'une technologie relativement complexe de manière simple et concise, le risque est de tomber dans le simplisme. Les connaisseurs de la projection laser sont invités à cliquer sur le bouton "ajouter un commentaire" en bas de page quand ils le jugeront nécessaire. Pour schématiser, une source laser se compose de 4 modules : - les diodes laser occupent un de ces modules. Ce Lire la suite
  • Projection laser : la solution de Barco

    Il y a aujourd'hui deux types de projecteurs laser. Les premiers sont destinés aux écrans de petite taille ou de taille intermédiaire (moins de 11 mètres). Les seconds visent les écrans de très grande taille. Le projecteur Barco DP4K-60L s'inscrit dans cette deuxième catégorie : il développe 60 000 lumens, soit deux fois la puissance lumineuse des projecteurs xénon les plus puissants. Ce projecteur est déjà installé dans quelques cinémas en Europe dont le Kinepolis de Lomme où il a été installé en décembre. Manice a pu le découvrir au siège de Barco. Dans ce premier article, nous présentons les caractéristiques du DP4K-60L. Les performances et les modalités d'utilisation du projecteur sont abordées dans les deux articles suivants. 6 sources Laser Lire la suite
  • Comment est restitué le son Atmos ?

    Les principes de base des deux procédés de son en relief - canaux sonores pour Auro 3D et objets sonores pour Dolby Atmos - ont été expliqués sur Manice. Nous nous intéressons maintenant à la façon dont le son 3D est concrètement restitué dans une salle de cinéma. Ce premier article décrit les techniques mises en oeuvre pour diffuser le son Atmos. Pour qu'un son se déplace dans la salle Atmos sans discontinuité, il faut que le maillage de hauts parleurs soit assez dense. Ce maillage est décrit dans la première partie de cet article. Par ailleurs, quand un son passe d'une enceinte à une autre, chacune doit le restituer avec la même puissance et la même tonalité - les spécialistes parlent plutôt Lire la suite
  • Durée de vie et entretien des toiles d'écrans

    Pour maintenir une bonne qualité de projection, il est recommandé de remplacer une toile d'écran tous les 7 ans voire tous les 5 dans les salles de festivals ou celles qui accueillent des avant-premières régulièrement. Pourquoi une telle durée de vie et comment obtenir d'une toile le meilleur rendement possible ? Voici les conseils de Demospec, la filiale du groupe Harkness qui nous avait ouvert il y a quelques semaines les portes de ses ateliers de fabrication. Principales causes du vieillissement d'une toile d'écran Le vieillissement d'une toile est d'abord inhérent à sa structure : le PVC blanc, qui en est le composant de base, jaunit avec le temps entraînant une dégradation progressive de la colorimétrie et du contraste des images. Quand Lire la suite
  • Pourquoi a-t-il fallu concevoir de nouvelles lampes pour le numérique ?

    http://www.manice.org/joom2011/images/couvushio.pngSi les principes de base de l'éclairage des projecteurs sont restés identiques à ceux du 35mm, il a fallu revoir la conception des lampes en profondeur pour les adapter aux exigences de la projection numérique. En 35mm, le parcours suivi par la lumière est beaucoup moins complexe que dans un projecteur numérique : un obturateur et un filtre catathermique (quand la lampe dépasse 1 600 watts) séparent la pellicule du faisceau lumineux réfléchi par le miroir. On peut considérer que le faisceau éclaire presque directement la pellicule :   principes d'éclairage en 35mm   En numérique, il faut éclairer des puces de projection (DMD ou SXRD) dont la surface est beaucoup plus réduite que celle d'un photogramme sur une pellicule. Le faisceau Lire la suite
  • Les différentes familles de lampes xénon à arc court

    Le numérique a ajouté aux lampes génériques, qui peuvent être utilisées sur tous les types de projecteurs, une deuxième famille de xénon : les lampes dédiées à chaque marque de projecteurs.   Les lampes dédiées Pour que l'éclairage soit encore plus précis, les fabricants ont lancé des lampes adaptées à l'architecture des projecteurs des différents fabricants. La conception de ces xénon dédiés tient notamment compte des caractéristiques du chemin de lumière, de celles du miroir, du volume d'espace disponible pour loger la lampe,... La forme du bulbe des lampes dédiées peut ainsi varier d'une marque à l'autre, pas seulement pour une question de place dans le projecteur : la forme est aussi étudiée pour que les dépôts de tungstène résultant de l'usure Lire la suite
  • 1 Interstellar : trop fort ?
  • 2 Handicap sensoriel : les solutions d'accessibilité aux salles basées sur le wifi
  • 3 Principes de base de la projection laser
  • 4 Projection laser : la solution de Barco
  • 5 Comment est restitué le son Atmos ?
  • 6 Durée de vie et entretien des toiles d'écrans
  • 7 Pourquoi a-t-il fallu concevoir de nouvelles lampes pour le numérique ?
  • 8 Les différentes familles de lampes xénon à arc court

De longues semaines d’investissement et de préparation ainsi qu’une collaboration non négligeable sur un premier film n’ont pas eu raison de la logique de l’exploitation !!! Sur le dernier film dont j’ai assuré la photographie, où j’ai comme jusqu’à maintenant beaucoup investi au-delà de mon travail en accompagnant les metteurs en scène vers l’acte de filmage, l’acte de cinématographier, j’ai pu mesurer l’impact du dernier maillon avant la révélation au public (cette fameuse et incroyable " expérience de la salle ", expérience de cinéma, unique et forte), eh oui ! cette fameuse projection qui prend en compte la qualité de la salle, des fauteuils, des produits parallèles vendus, du confort d’accueil, j’en passe et des meilleures, mais aussi et avant tout la qualité de la projection et de son contenu (a priori parfois un contenu vide de sens et de réflexion peut continuer de faire affluer les spectateurs dans les salles...).

Bref, j’ai donc vécu cette incroyable expérience, qui m’a fortement mécontenté, de la projection d’avant-première dans une des grandes salles d’un complexe parisien.
Je passe les heures de travail et de construction cinématographique qui font que le choix artistique est cherché, nourri puis achevé, abouti par l’ensemble des techniciens et collaborateurs de plateau (je pense aux assistants mais aussi aux chefs électriciens et machinos, etc., tous ceux qui garantissent et s’investissent avec passion dans le projet).
Je passe les séances d’étalonnage, minutieuses, indispensables, complexes mais aussi passionnantes pour arriver non pas au parfait ou à l’irréprochable, non, non, pour arriver au JUSTE, ce JUSTE, ce VRAI, ce RÊVÉ qui est surtout le bonheur du réalisateur.
Je passe aussi ces angoisses qui nous habitent tous, ces doutes qui font que l’on rebondit souvent avec joie et enthousiasme sur une nouvelle idée, comme un jeu avec le metteur en scène...

Et tout à coup, ce rêve devenu réalité, qui prend forme après tant de semaines d’attente et de travail, qui déclenche cette incroyable étincelle dans l’œil du metteur en scène et qui déclenchera celle du public, s’écroule.
Une belle avant-première, une copie parfaite d’un film classique, un DCP sorti du travail de nombreux collaborateurs passionnés, des chercheurs, des artisans de l’image et donc du film (pas que de l’image) devient une copie non maîtrisée, claire, beaucoup trop claire au centre, dense sur les bords, grise et désaturée en couleurs, loin, si loin du " produit " validé quelques jours auparavant par les réalisateurs, le producteur et le chef opérateur...

Eh bien ! cela s’est passé dans une salle d’un grand complexe parisien, sur un ECRAN METALLISÉ, écran uniquement conçu pour la 3D alors que le film est en 2D classique, écran sur lequel peu des artisans du film ont reconnu le travail qui avait été fait et je peux le dire sans honte aucune, j’en ai pleuré à chaudes larmes, et avant tout pour le film, par pour moi, non pas pour moi.
On parle de respect de l’œuvre, on parle de respect du spectateur : alors il s’agirait d’aller jusqu’au bout de cette règle.
Et ce n’est pas l’argument du « mais le spectateur ne s’en rend pas compte » ou « mais c’est pas si dramatique » qui peuvent être entendus.

Nous nous targuons de posséder des outils de plus en plus performants, de plus en plus précis : A QUOI BON SI C’EST POUR DÉTRUIRE L’ŒUVRE EN FIN DE CHAÎNE ?
Encore une fois nous ne pouvons accepter de nous entendre dire que « ce n’est pas si dramatique » et je n’accepte pas que l’on puisse tromper le spectateur en lui proposant une vision du monde, un regard qui n’est ni celui du metteur en scène, ni celui du responsable artistique et technique de l’image.
Nous ne pouvons accepter d’être les seuls dans cette aventure de cinéma à se battre pour l’intégrité de l’œuvre et producteurs comme réalisateurs ne peuvent se permettre d’acter cet état de fait : c’est aussi et avant tout les vrais maîtres d’œuvre du film et nous nous devons de mener à bien le projet filmique jusqu’au bout ensemble.

Le progrès technique ne peut être un argument pour tuer "l'oeuvre" et la formater à l'image de l'esthétique dominante, insidieuse, qui s'installe via des médias et des hommes sans éthique. Ne transformons pas ce bel objet qu'est le cinéma en un supermarché où tous les produits sont fabriqués de la même manière.

Rémy Chevrin,

Vice-Président de l'AFC, Association Française des directeurs de la photographie Cinématographique

Rappelons que l'installation d'écrans metallisés n'est pas forcément obligatoire pour le relief. Les systèmes Volfoni, Xpand, Dolby et Panavision fonctionnent sur des écrans blancs qui ne dégradent pas la qualité des projections 2 D.

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Commentaires (2)

  • Invité - manice

    La CST s'oppose depuis longtemps aux écrans métallisés et le CNC l'a entendue : son président a dit le 7 mars(lors d'une manifestation organisée par la CST) que les salles seront dans l'obligation de respecter intégralement la norme Afnor du cinéma numérique d'ici 5 ans, ce qui est incompatible avec l'usage des écrans métallisés (du moins les écrans actuels car la technologie silver screen peut très bien progresser). <br />5 ans c'est long mais le CNC se voit sûrement mal imposer un changement d'écran immédiat aux exploitants qui viennent d'installer leur silver screen. Ca va surtout dissuader d'autres salles de suivre cette voie.

    1 J'aime Raccouci URL:
  • Bravo. Je suis tout à fait d'accord avec vous. Les écrans métalisés n'ont pas leur place dans les salles de cinéma. Ou alors il faut condamner les salles qui en sont équipées, à la 3D. En tout cas vous avez très bien expliqué le problème. Il faut respecter le travail de la photo. Mais comme vous le dites, il s'agit même de toutes les personnes qui ont travaillés sur le film. Je propose à Manice de créer une pétition en ligne contre les projections de films 2D sur des écrans métalisés. Cela afin de sensibiliser les exploitants, mais sourtout de faire bouger le CNC et la CST. Car se sont ces derniers qui sont responsables. Ce ne sont pas les exploitants qui ne sont pas forcément au courant des problèmes techniques.

    1 J'aime Raccouci URL:

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