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Une fois parvenus aux salles, les programmes (films, bandes-annonces, publicités,...) doivent être stockés sur une librairie centrale - library management system ou LMS en anglais - disposant d’un espace mémoire de capacité variable. Pour donner un ordre d’idée, une librairie de 10 Téra-octets permet de stocker 100 films (d’une durée moyenne de 1h30).
Il y a deux manières d’enregistrer les programmes envoyés par les distributeurs sur la librairie centrale : si ces programmes ont été envoyés sur un disque dur, l’opérateur projectionniste doit raccorder ce dernier à la librairie grâce à une interface de type USB2 - une prise USB à haut débit dont sont maitenant dotés les ordinateurs grand public - pour en décharger le contenu sur la mémoire centrale. Une interface plus pratique dénommée CRU est installée sur certaines bibliothèques. CRU désigne le format du container qui renferme le disque dur : ce container est inséré, comme un tiroir, dans un compartiment de la librairie (de format CRU lui aussi), ce qui déclenche le déchargement du contenu du disque. Quelle que soit l’interface utilisée (USB2 ou CRU), le temps de chargement du disque dur dans la librairie de stockage équivaut à peu près à la durée du film.
Si les programmes sont reçus par réseau (satellite, fibre,...), leur chargement dans la bibliothèque est automatique. C’est, en amont, l’opérateur chargé du transport qui établit la liste des salles auxquelles les fichiers numériques des programmes doivent parvenir, selon les indications fournies par les distributeurs.
Pour la réception par réseau, la librairie dispose d’une deuxième interface : un boîtier de réception qui est lui-même relié au réseau terrestre à haut débit ou connecté à une parabole en cas de réception des programmes par satellite.
Les clés de décryptage peuvent aussi être envoyées aux salles sur support physique ou par réseau mais comme il s’agit de fichiers de petite taille, il suffit d’un réseau ADSL pour les envoyer rapidement aux cinémas. La diffusion par réseau se généralise donc peu à peu pour les clés.
A la librairie centrale est associé le système de supervision du cinéma (theater management system ou TMS en anglais). Ce superviseur est un logiciel qui assure différentes fonctions.Il vérifie notamment qu’une clé de décryptage en cours de validité est bien stockée avec chacun des films présents dans la librairie ; le TMS permet en outre de composer le programme d’une séance (l’opérateur utilise ce logiciel pour sélectionner dans la bibliothèque le film, les bandes-annonces et les publicités qui doivent être joués) ; il permet enfin d’envoyer ce programme - et la clé associée au fichier crypté du long-métrage - vers le serveur de la salle qui doit le projeter.
La transmission se fait via un réseau de câbles à haut débit qui relie la bibliothèque centrale (et le TMS) à chaque serveur de cabine. La capacité de ce réseau est variable : un réseau offrant un débit de 600 mégabits pas seconde permet de transférer un fichier de film d’une heure 30 de la librairie jusqu’à un serveur en à peu près 20 minutes.
Les serveurs installés dans les cabines de projection peuvent contenir jusqu’à 10 films de 1h30. C’est à leur niveau que s’effectue la décompression des fichiers de programmes et leur éventuel décryptage grâce à la clé associée.
Entre leur sortie du serveur et leur entrée dans le projecteur, les images numériques subissent un nouveau cryptage (si les données numériques qui transitent par le câble reliant les deux équipements n’étaient pas cryptés, il serait toujours possible de brancher ce câble à une mémoire pour en faire une copie pirate ; vu la taille du fichier du film, décompressé à ce stade, la capacité de la mémoire en question doit être assez exceptionnelle mais les pirates ont le goût de l’aventure ). Le projecteur doit donc décrypter une deuxième fois les informations qu’il reçoit avant d’envoyer les images du film sur l’écran.
A ces équipements de base des établissements multisalles peuvent s’ajouter des options comme par exemple les composants qu’il convient d’ajouter au serveur ou au projecteur d’une salle pour réaliser une projection en relief. Dans le cas d’une projection de programmes retransmis en direct (évènements sportifs, concerts,...), le serveur de la salle doit être directement relié à la parabole satellite installée sur le toit du cinéma. Un équipement appelé streamer joue alors le rôle d’interface entre la parabole satellite et le serveur. |